Les „jonk Gréng“ réclament une position claire

par Patrick Kleeblatt
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Le congrès du parti écologiste „déi Gréng“ qui s’est tenu ce 19 mars à Hesperange se basait lui aussi sur le bilan de la première mi-temps législative du gouvernement de coalition. Mais avant de nous pencher sur cette analyse, réjouissons-nous de la verve qu’ont affiché les délégués des „jonk Gréng“ en soumettant au parti une résolution, laquelle démontre on ne peut mieux leur opposition au partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, mieux connu sous l’abbréviation TTIP, mais aussi au Comprehensive Economic and Trade Agreement, en abrégé CETA.

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Karma Catena et Paul Matzet soumettent la résolution des “jonk Gréng” à l’assemblée / © Indymedia

Karma Catena, avec ses 14 ans la plus jeune membre du comité directeur des „jonk Gréng, et Paul Matzet ont donc soumis à l’assemblée, par le biais d’une résolution, leur souhait de voir le parti rendre un avis négatif à l’encontre des traités TTIP et CETA. Ce faisant il fait plaisir de constater que la nouvelle génération n’a rien à envier au mouvement d’opposition qu’était le parti écolo d’antan. Ainsi ils se posent en gardiens des valeurs qui doivent rester le principe élementaire d’un parti, qui veut défendre tant les intérêts individuels que la nature au sens large du terme.

Christian Kmiotek, président du parti, réplique que sur base du contrat de coalition les „déi Gréng“ ne s’opposent aucunément au libre échange et sont pour une proscription de barrières économiques picrocholines. La résolution pourtant est renvoyée dans une „commission“ ce qui permettra au parti de choisir le moment opportun pour donner suite à la prise de position ainsi réclamée par les „jonk Gréng“. Il n’en faudra pas plus plus comprendre, si tant est, que le parti savait qu’une telle „demande“ allait être exprimée, que les questions liées au TTIP & CETA engagent à un débat contradictoire avec les autres partenaires de la coalition.

En effet on voit mal le Parti Démocratique (DP) de visu libéral et pro TTIP suivre l’argumentation des „jonk Gréng“. Et le POSL, avec un ministre de l’économie plutôt favorable au traité, pourrait bien sacrifier le partenariat avec les écolos au profit d’une position forte au sein du gouvernement. Pour les „déi Gréng“ une situation délicate.

Les écolos plutôt satisfaits de leur travail

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Felix Braz, ministre de la justice, salue le travail d’équipe au sein du gouvernement / © Indymedia

Après donc cette intervention des „jonk Gréng“ il est permis d’en venir à des discours largement plus gratifiants, car pour le parti écolo aussi il est temps de faire un bilan sur la mi-temps législative. C’est Félix Braz, ministre de la justice, qui ouvre sur le constat que les partenaires de la coaltion ont fait preuve d’un travail d’équipe. „C’est avec beaucoup de coeur à l’ouvrage et une relation de confiance intacte, que les décisions ont été prises au sein du gouvernement.“ déclare Félix Braz et rejette toute critique qui tendrait à insinuer que la réforme fiscale serait libre de toute influence des „déi Gréng“. Son parti s’est donc également investi dans une réforme fiscale équilibrée et équitable à tout point de vue.

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Francoi Bausch, ministre des infrastructures, thematise le changement de paradigme dans la mobilité / © Indymedia

François Bausch, ministre du développement durable et des infrastructures, invoque quand à lui un changement de paradigme au niveau de la mobilité. En effet, de par la participation au gouvernement au travers de la coalition DP/POSL/déi Gréng, c’est la première fois que les investissements dans le transport public ont largement surpassé ceux de la construction routière. La promotion de l’utilisation intelligente des outils de mobilté ont été et restent un sujet d’actualité. Un fait qui se traduit aussi par un investissement prévisionel de 2,3 milliards d’euros pour les 30 mois à venir, dont près d’un milliard pour seule la mobilité férroviaire.

A considèrer aussi les „planc sectoriels“, sachant que le gouvernement veut une meilleure gestion du dèveloppement et de la croissance en termes démographiques. Ceci implique des mesures adaptées au niveau du transport public et une réflexion différenciée en termes de transport individuel. A ce sujet, le vélo redevient actualité, avec plus 100 nouvelles pistes cyclables prévues. Reste encore à évoquer l’idée de projet visant à réduire les émissions carbone des taxi vers 0%. Les prochaines réformes visées par François Bausch concernent le permis de conduire, le réseau RGTR, les „park & ride“ et l’extension du tram, ainsi que la promotion des „smart building“ dont les premiers prévus au site Belval.

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Carole Dieschbourg, ministre de l’environnement, veut rétablir le lien entre la nature et les citoyens / © Indymedia

La ministre de l’environnement, Carole Dieschbourg, souligne que le parti écolo n’a rien perdu de sa crédibilité lors de cette première moitié de période législative. „Il dépend de ce que les gens voient pour porter un jugement, sur la transposition de nos revendications politiques.“ Et elle met en avant les objectifs négociés lors de la COP21 à Paris. Des objectifs qu’elle veut atteindre et pour lesquels il est impératif de rester crédibles tant au plan national qu’international. Elle confirme la confiance en la coalition de gouvernement qui devra mettra à disposition les moyens nécessaires à la réalisation de ces objectifs.

Carole Dieschbourg confirme aussi son intrangiseance face au lobby atomique. En effet, avec l’Autriche, le Luxembourg est en tête du mouvement anti-atomique et elle reste fermement opposée à la commission européenne qui voudrait subventioner l’énnergie atomique. Il n’est pas resté inaperçu, que le gouvernement s’attaque ouvertement aux centrales nucléaires de Cattenom et Tihange. Un des outils privilégiés par la ministre est la démocratisation énergétique. En viendra-t-on au citoyen producteur d’énergie?

Evoquons encore les parcs naturels, qui pour Carole Dieschbourg représentent un point clé, en termes de politique participative. De fait la nature est mise sous pression, considérant une croissance démographique à raison de 12.000 personnes/année. Ceci a une influence directe aussi sur la qualité de l’eau. Un bien qui est la propriété de tous les citoyens et il faut se donner les moyens de le protéger, ce qui pour le moment fonctionne assez bien. Le maintien à ce niveau pourtant requiert de rétablier le lien entre l’humain et la nature. En bref, il faut expliquer au gens quels sont les changements nécessaires et comment les mettre en application.

Une déconvenue reste…

Si en somme les „déi Gréng“ peuvent jeter un regard optimiste vers le futur, il n’en reste pas moins qu’il ne fallait pas faire impasse sur les décéptions. La plus grande étant sans nul doute le „triple non“ lors du référendum. Le parti pourtant respecte, comme promis, la décision du peuple. Cela ne se traduit pas par un constat qui pourrait laisser croire que les écolos en baissent les bras pour autant. Dans un souci de paix sociale et l’évidence que tout un chacun qui participe à la croissance économique et sociale, doit également pouvoir s’exprimer politiquement. Il faudra certes en revoir les modalités.

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