Intégration participative

par Patrick Kleeblatt

L’inclusion sociale et un projet socio-éducatif ont été les points forts de l’ordre du jour du conseil communal de la ville d’Esch-sur-Alzette ce vendredi 13 mai. Et dès lors que le „social“ devient une condition „sine-qua-non“ pour permettre tant la participation que l’implication des citoyens de l’ancienne métropole du fer, le conseil communal sait prendre les mesures qui s’imposent.

Cohésion sociale

En adoptant à l’unanimité la mise en place d’un projet de cohésion sociale, qui concerne prioritairement les quartiers dits „défavorisés“ du „Brill“; „Aal Esch“ et „Grenz“, la ville d’Esch-sur-Alzette a pris la décision de signer une convention avec l’asbl „Inter-Actions“ pour mettre en place un travail social, lequel ne sera plus seulement basé sur la situation de l’individu en soi, mais bien sur l’ensemble communautaire desdits quartiers résidentiels.

Rappelons dès lors qu’Esch-sur-Alzette est une ville multiculturelle en pleine croissance, marquée par un flux migratoire dont résulte une population d’étrangers pour un taux de 52%, soit plus de quinze mille résidents de 109 nationalités différentes. Il en découle, selon le projet de recherche „Observatoire Social Urbain“, une certaine concentration de résidents étrangers dans les quartiers sus-nommés. À cet état de fait s’ajoute le constat que que la grande majorité des habitants salariés ont un emploi d’ouvrier dans la catégorie des bas salaires. Une situation liée au fait d’une éducation limitée à l’enseignement primaire. Si la plupart des hommes ont un emploi de type artisan ou ouvriers de l’extraction et du bâtiment, les femmes elles sont en majorité des travailleuses non qualifiées. Il en résulte des ménages aux conditions d’équipement modestes et aux privations nombreuses.

Avec ce projet, la ville veut donc mettre un terme à l’isolation sociale et ainsi améliorer les conditions de vie d’une communauté, laquelle n’est de fait pas minoritaire. Le but premier du projet est donc la lutte contre toute forme de discrimination et d’exclusion sociale par le développement de politiques d’intégration sociale, d’interculturalité, de diversité socioculturelle et de cohabitation des différentes communautés.

L’école en forêt

Nul ne doutera du bon sens, dès lors qu’un projet d’inclusion pour les adultes voit le jour, de la mise en place d’un projet socio-éducatif pour des enfants de 3 à 5 ans issus de la communauté précitée. Dans le cas précis, est concernée l’école du „Brill“. Ainsi est mis en place un service pour tous ces bambins dont les besoins ne peuvent être couverts par une structure scolaire classique. Une offre qui dans un premier temps porte sur la création de deux classes „forestières“ qui vont transférer leur salle de classe dans la forêt pour un procédé d’apprentissage adapté.

Cette structure concernera les enfants qui n’ont pas l’aptitude de se concentrer sur l’activité éducative proposée par le personnel enseignant et ayant des difficultés d’organisation autonome. Ceux-ci, outre le fait de se désolidariser de l’activitée proposée, sont souvent sujet de désorganisation du groupe. Les objectifs visés sont le renforcement de la santé mentale et physique, mais aussi l’aptitude à se concentrer sur une activité. Dans cette même approche est recherché le développement de compétences sociales, de la motricité et de la perceptibilité.

Le projet inclut la participation des parents; car sans leur soutien et la confiance que le forêt peut avoir une influence bénèfique et constructive, les résultats visés ne sauraient être atteints. Comme le projet ne sera mis en place que pour la rentrée des classes 2016/17, des entrevues avec les parents interessés sont prévues à la „Brillschoul“ avec le soutien de la représentaion des parents d’élèves.

Si Taina Bofferding (POSL) fait preuve d’un grand enthousiasme pour le dit projet, Georges Mischo (CSV) regrette que de tels „mesures“ soient nécessaires. Pour autant son parti est propice au projet, mais insiste que les enfants à besoins specifiques ne soient majoritaires. Il convient à la proposition de l’échevin Jean Tonnar (POSL) qui prévoit un ratio de 25/75 ou 30/70. Luc Majerus (Ecolos) voit dans le projet une chance pour un développement responsable des enfants, ceci aussi en connexité avec les parents dits „défaillants“. Pour Laurent Biltgen (la Gauche) il est important de veiller à ce que les enfants participant au dit projet ne soient en aucun cas estampillés „pestiféré“.

En bref

Taxe scolaire: à l’unanmité le conseil adopte la mise en place d’une taxe scolaire pour les enfants non résidents à raison de 200€ par trimestre et à charge de la commune d’origine. La modification du PAG „op der Haart“ concernant la construction d’un centre commercial de 35.000 m2 plus logements est également approuvé unaniment. La restauration de la Cascade du Gaalgebierg, opération prévue pour 2017, est approuvée sans vote. Diverses modifications du réglement de la circulation et un ajustement de taxes de parking ont été confirmées. Une convention portant sur l’acceuil d’étudiants „Erasmus“ issus de villes „partenaires“ est approuvée.

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