Bilan parlementaire du groupe POSL

par Patrick Kleeblatt

Un regard fier sur la saison parlementaire 2015/2016

Comme le veut la tradition, la fin de la session parlementaire réclame que l’on dresse son bilan, de préférence en présence d’une presse attentive. Ceci constaté, on n’étonnera personne en citant le chef du groupe parlementaire socialiste, Alex Bodry: „Ce fût une année productive“.

Groupe parlementaire POSL

En effet, la session 2015/2016 peut, voire, doit être qualifiée de productive, ne serai-ce qu’en considérant les quelques 50 rapports remis à la chambre, ou encore les 130 questions parlementaires introduites. Mais il faut aussi, et à juste titre considèrer les grands évènements internationaux qui ont pesé de leur poids sur la même période.

Que ce soient la crise des réfugiés, le terrorisme latent qui s’abbat de plein fouet sur l’Europe et encore le „Brexit“ dont l’issue est tant incertaine qu’il est impossible de juger l’impact au niveau national. Pour Alex Bodry il s’en va sans dire que le Luxembourg n’avait pas vraiment le pouvoir d’influer ces sujets, vu leur caractère international. Et pourtant il estime que tant le parlement que le gouvernement de coalition ont fait preuve de lucidité. Certes, dans chaque cas les réactions ont été à la mesure des enjeux.

Nul doute que le Luxembourg a fait preuve d’humanisme dans le cadre de la crise des réfugiés. Il est clair que pour les uns il en a été trop fait et pour les autres pas assez. Et est-il possible de mesurer à bon escient la lourdeur d’une telle tâche? Certainement pas. Retenons alors que le gouvernement a agi avec réalisme et qu’il est aujourd’hui temps de considèrer qu’il est tant urgent que nécessaire de mettre en oeuvre l’intégration de ces quidams qui ont assez souffert du fléau de la guerrre qui les aura privé de leur patrie.

Quand à la menace du terrorisme et les mesures sécuritaires nécessaires, Alex Bodry constate que le gouvernement n’a point réagi de manière inconsidérée, contrairement à certains pays membres de l’UE. Le parlement a, selon lui, pris le temps utile pour permettre des solutions équilibrées entre le droit pénal et le droit individuel. Là encore, impossible de satisfaire tout le monde, surtout si il est clair que le Luxembourg a été épargné de drames, tels ceux connus de nos voisins proches en Belgique et en France.

Un parcours sans faute

Avec un bref regard sur la présidence luxembourgeoise de l’Union Europénne, il est admis de considérèr que le Luxembourg aura su gérer sans incident notable le rôle qui lui était ainsi imparti. Même constat dans le cadre de la réforme vivement attendue en ce qui concerne la sépartaion de l’Etat et des Eglises. La nouvelle régulation, une revendication de toujours du POSL, met fin aux extravagances. Alex Bodry souligne pourtant que ce n’est qu’au travers de nouvelles conventions, dans le sens d’un Etat tolérant et laїque, que les décisions ont été reçues avec bienveillance.

Notons encore que la réforme fiscale est en accord avec la politique de budget du gouvernement. Les considérations du POSL, requérant la prise en compte des bonifications fiscales, une augmentation du taux d’imposition maximal et une plus forte taxation du capital, visant à introduire une équité sociale, ont été retenues. Ainsi sont primairement confortés les ménages à petits et moyens revenus.

Non moins positif en terme de bilan, la nouvelle réglementation au niveau de la flexibilité des horaires de travail, dont devraient profiter tant les salariés que le patronat. Un point de fierté pour le président du groupe parlementaire, car la solution est à l’avantage de tous les interessés, sans démantèlement du système social et tensions sociales, tels que l’on a pu les voir chez nos voisins. Le développement de l’emploi reste par nature une des priorités du parti socialiste. Alex Bodry note ainsi que non seulement des milliers d’emplois nouveaux ont été crées durant l’année passée, mais il veut surtout considérer la baisse notable du nombre de chômeurs. Il veut bien admettre que la croissance y est pour beaucoup, mais il veut autant que l’on respecte les mesures mises en place par le gouvernement, qui elles aussi ont largement contribué à l’excellent résultat.

De quoi demain sera fait

Pour ce qui est du futur, Alex Bodry réclame un regard plus objectif sur le jugement de la politique du gouvernement. Si il est admissible que les décisions des gouvernement précédents n’ont pas toutes été négatives, il est autant vrai que que toutes n’ont pas été à la hauteur de leur revendications. En ce il a raison. Il serait idiot de perdurer dans le „avant tout était mieux“ et de critiquer sans cesse la politique actuelle.

Le leader du groupe parlementaire voudrait plus d’honnêteté politique. Cela répond à la demande d’une majorité de la population, mais pour ce faire il lui faudra plutôt convaincre ses pairs que les électeurs. A force de promesses jamais tenues, mais surtout des promesses intenables faites et refaites, le citoyen en aura perdu la foi. Mais encore, quand vient le temps de la bataille inévitable pour récolter les voix nécessaires pour faire partie du gouvernement, qui de ses pairs osera s’avancer et annoncer aux électeurs potentiels que la situation se veut être plutôt morose? Il leur faudra du courage pour confirmer cet appel à parler vrai.

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