Bilan parlementaire du groupe CSV

par Patrick Kleeblatt

Dure dure la vie sur le banc de l’opposition

A mi-mandat de la période législative, le parti conservateur semble enfin arrivé dans le rôle d’un parti d’opposition. Un rôle qui ne lui est pas habituel, mais qui toutefois ne ternit ni son ardeur, ni ses ambitions de reprendre les manettes.

(d.g.à dr.) Claude Wiseler, leader du groupe parlementaire et Marc Spautz président du CSV
(d.g.à dr.) Claude Wiseler, leader du groupe parlementaire et Marc Spautz président du CSV

C’est donc quelque peu avec un air mi-figue, mi-raisin que le duo présidentiel, Claude Wiseler (chef de groupe parlemenataire) et Marc Spautz (leader du parti) ont présenté leur bilan de la session parlementaire qui vient de s’éteindre. „Nous avons travaillé ardûment“ signale Claude Wiseler d’entrée de jeu et énumère en guise de „mise en bouche“ les nombreuses interventions, interpellations, résolutions et questions parlementaires soumises à l’assemblée.

Pour le chef de groupe parlementaire, se seraient ainsi ses troupes qui aurient fourni la plus grande partie du travail, avec un dépôt de 431 questions parlemenatires. Il est vrai que vu sous cet angle, le travail d’opposition était conséquent. Un poil moins conséquent le constat que le CSV à approuvé 78% des lois soumises au vote pour s’abstenir à 7% et refuser 15%. Le CSV n’est pas franchement en désaccord avec le gouvernement de coalition…

Retenons encore, qu’à l’unisson les trois partis du gouvernement concluent n’avoir pas un vrai besoin de suivre les „idées“ et propositions du CSV en insinuant que celui-ci n’en aurait pas. Claude Wiseler contredit cette version simpliste énumérant 14 sujets sur lesquels son groupe parlementaire a bel et bien soumis des proposition constructives. Ceux et celles qui suivent les activités de la chambre, ne pourront démentir ce fait.

Politique d’austérité

Ce que le gouvernement présente comme un „projet d’avenir“ et qui est vu par la population comme une politique d’austérité, devrait servir comme élément de base pour réforme fiscale généreuse. Un projet lourd de conséquences, ce qui anime Claude Wiseler d’insister sur le fait que le vice-premier ministre Etienne Schneider s’en offusque publiquement et va jusqu’à déclarer que le projet du gouvernement est une erreur, sinon une idotie. „Ou est la cohérence dans ce gouvernement?“ demande Claude Wiseler.

Il insiste aussi sur le fait que son groupe parlementaire a rejeté ce projet de gouvernement, car il s’agit de fait majoritairement d’une augmentation des impôts et pour le reste des économies faites sur le dos des familles. Nous remarquons pourtant que, si le CSV critique la teneur, l’objectif visé: +0,5% du PIB dans le budget et -30% du PIB sous forme d’endettement, lui est largement approuvé. Maintenant le gouvernement change le fusil d’épaule et viserait -0,5%, ce que le CSV traduit par une volonté de distribuer des cadeaux électoraux au cours des deux années à venir.

Mais si nous nous attendions à des exemples concrets pour lesquels secteurs le parti conservateur veut faire des économies, nous serons restés sur notre faim.

La phase électorale est proche

Le président du parti, Marc Spautz, lui est confiant pour le futur. Son parti serait en „bonne condition“ pour ce qui est des élections communales à venir. Il ne manque pas non plus de remercier les 23 députés CSV qui auront su „serrer les rangs“ et faire preuve d’esprit d’équipe. Il critique durement la politique familiale du gouvernement, laquelle ne pourrait se faire avec son parti. Pourtant il ne s’attaque pas ouvertement à la Ministre Corinne Cahen, en charge des dossiers.

Il regrette aussi que le gouvernement tarde à mettre en oeuvre des projets d’importance, tels le TGV et les plans sectoriels. Il en va de même pour un projet présenté par Camille Gira (déi Grèng) au début du millénaire. Ce dernier voulait mettre en place une „table d’avenir“…

Pour Marc Spautz le gouvernement „perd le nord“. Il n’a pas tort, considérant les aller-retour dans la communication, à l’exemple de Cattenom, qui selon une annonce devrait fermer, puis non en fait, mais encore être la première si toutefois la France prenait en considération les demandes de ses voisins.

Quand aux élections de 2018, le président du CSV nous informe qu’elles seraient prévues pour octobre. Il n’en reste pas moins que selon la loi elles ont toujours lieu en juin. Il s’attend à ce que le gouvernement soumette une proposition de loi pour y remédier. Si cela n’est pas le cas, c’est le CSV qui le fera. Il reste donc du pain sur la planche…

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