Le pacha du Bosphore s’octroie les plein pouvoirs

La Turquie à l’ère du système présidentiel

En instaurant l’état d’urgence, Recep Tayyip Erdogan pose les jalons pour un système présidentiel, qui de fait n’est autre chose qu’une dictature. Il règne par décrét, mais veut laisser croire qu’il lui importe beaucoup de maintenir sa légitimation démocratique.

Recep Tayyip Erdogan, un dictateur élu?
Recep Tayyip Erdogan, un dictateur élu?

Pour une durée de trois mois, il détient (enfin) les pleins pouvoirs et peut désormais gérer comme bon lui semble. En fait il fait depuis un bon bout de temps, mais maintenant il peut de bon droit se baser sur le droit constitutionnel. Erdogan va d’ailleurs mettre tout en oeuvre pour la changer, cette constitution, seul obstacle restant pour pour devenir de plein droit le dictateur dont semble avoir tant besoin le peuple turque.

Le coup d’Etat, son cadeau de Dieu, va lui permettre de se débarasser de ses adversaires et détracteurs. Dors et déjà il agite le torchon, plus de 52.000 suspensions dans les secteurs de l’éducation, de la justice, des sports, des médias, mais aussi de la politique avec 246 gouverneurs et 257 collaborateurs de son propre ministère.

Avec son souhait de rétablir la peine de mort, tout laisse à croire qu’il veut se débarasser „durablement“ de ceux qui se seraient mis dans sa ligne de mire. Et tant pis pour les conséquences diplomatiques. Il n’est donc plus interessé de rejoindre la famille „Europe“? Certes, mais il est encore assuré du partenariat „forcé“ en raison des réfugiés qu’il tient éloignés de la forteresse…

Honteuse, dame Europe reste silencieuse…

Devenue otage de ses propes décisions saugrenues, l’Europe s’est mise en porte-à-faux. Elle a tellement besoin de la Turquie, que ce soit en termes de crise des réfugiès, de „sa“ guerrre contre l’Etat Islamique, mais encore de par son besoin d’expansion économique. Sans oublier que la Turquie est l’élement le mieux armé de l’OTAN et de par sa position géographique devenur de fait le poste „frontière“ de l’union Européenne.

Il y certes quelques voix qui s’élèvent, réclamant de la „retenue“ et de la „mesure“. Mais il semble qu’elle à d’autres „chats à fouetter“ l’UE. Notons encore que certains pays, dont en premier lieu l’Allemagne, hébergent un nombre non négligeable de citoyens turques. Des expatriés qui ont pour leur majorité toujours affiché leur approbation à Erdogan.

Ce ne serait donc pas le moment de mettre la pression sur le tout puissant Erdogan, qui avait, ne l’oublions pas, un grand moment de lucidité en s’excusant auprès de Vladimir Putine après avoir abattu un avion de chasse. Selon le „l’enemi des mes enemis est mon ami“ il n’hésite pas à se frotter aux Etats-Unis, réclamant l’expulsion de Fethullah Gülen, anciennement un de ses proches.

Seuls les médias s’en prennent ouvertement aux faits et gestes du pacha. Ils vont à se surpasser en critiques et dénichent foule d’experts, qui tous ont la „bonne“ explication. En perdraient-ils leur objectivité par esprit de solidarité envers leurs collègues turques muselés et terrorisés? Pas vraiment, si tant est qu’il y a aussi une raison économique qui les anime. C’est vendeur la crise turque…

Citoyen affable, citoyen coupable?

Qu’en est-il aussi des cityoens, plus précisémment de ceux qui aiment se déclarer favorbales à la démocratie? Ils ont eux aussi d’autres problèmes. Ainsi la menace terroriste, mais aussi la crise ne veut prendre fin. La méfiance envers l’élite politique, elle aussi joue un rôle non négligeable. Pour beaucoup d’entre-nous, la turquie est lointaine. Certes on va se garder de faire des vacances en turquie, enfin jusqu’à nouvel ordre.

L’européen lambda ne se soucierait donc pas vraiment des faits et gestes d’Erdogan et de son gouvernemnet autocrate? A suivre les commentaires dans les réseaux sociaux, on pourrait le croire. Mais ils sont aussi très nombreux a se poser la question sur l’islamisation montante en turquie. Ce n’est pas la radicalisation telle que souhaitent l’installer les fous furieux de l’EI, de Daesch et autres groupements fanatiques, mais tout de même.

Il nous faut donc mettre en garde et rappeler que nous sommes à l’aube d’un désastre qui non seulement va priver les cityoens turques de leur libertés, mais bel et bien permettre à Recep Tayyip Erdogan de nous conctocter une dictature sur le pas de notre porte. Ses adhérants sont eux aussi des fanatiques dangereux et ils n’hésitent pas un instant à proférer des menaces ouvertes envers ceux et celles qui s’opposent.

En Allemagne ils sont 3 millions. Une minorité peut-être, mais une minorité très visible. Une minorité en outre dont les lieux de prière sont fortement financés le régime d’Erdogan. Faire usage de la tolérance pour mieux se désolidariser de la liberté d’expression et des choix de vie doit nous ere un appel à la vigilance. Et ce ne sont pas nos élus qui nous seront d’un grand secours.

Author: Sarah Kleeblatt

Etudiante en journalisme, Paris

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