Turquie: Le régime s’attaque à l’économie

Après l’armée, la justice, les ministères, l’éducation et même le sport, Tayyip Recep Erdogan prend l’économie en ligne de mire. Pour la turquie, cette première décennie du 21ème siècle s’annonce ravageuse. Après un fervent appel aux dénonciations, le coup de torchon du régime d’Ankara s’en va jusqu’à diviser les familles. Hormis les membres et adeptes du AKP, peu sont encore les citoyens qui osent s’exprimer sur la politque.

Les masses "populaires" soutenant la nouvelle politique de Tayyip Recep Erdogan semblent sur le pied de guerre.
Les masses “populaires” soutenant la nouvelle politique de Tayyip Recep Erdogan semblent sur le pied de guerre.

Lors d’un congrès à la Chambre de Commerce d’Ankara, le président turque fait l’annonce que le gouvernement est fermement décidé de couper toutes les relations d’affaires que pourrait avoir le mouvement „Gülen“. Un mouvement qui selon Erdogan a les mains pleines de sang. „Les entreprises, écoles et organisations de bienfaisance gérées par le mouvement „Gülen“ sont des nids terroristes.“ affirme Erdogan. „L’organisation est un cancer et largement impliquée dans l’économie. Il est de notre devoir de couper les connexions. (…) Le démantèlement se fera sans pitié.“

Erdogan en appele aux commerçants de dénnoncer les partisans du prédicateur auprès des autorités. Il déclare que même des membres de famille peuvent être concernés. Rappelons que bien avant le coup d’Etat, les autorités avaient déjà saisi une banque, fermé ou pris le pouvoir de nombreux médias. Tous seraient liés au mouvement Gülen. De nombreux commerçants avaient été arrêtés.

Le régime qui rend responsable Fettullah Gülen et son mouvement du coup d’Etat manqué, le déclare désormais comme „organisation terroriste“. Selon les informations gouvernementales, ont été suspendus 58.611 employés de l’Etat, 3.499 ont été licenciés. Concernant la purge, Erdogan annonce: „Nous n’avons pas encore mis le point, ceci n’est que la virgule. Il n’y aura pas de relâchement“.

Crise économique…

Le président turque revendique auprès des banques de baisser les taux d’emprunt en déça des 10% pour les transaction immobilières. „Vous n’y perdrez pas au change“ leur dit-il. En attendant, le taux d’inflation atteint en juillet 8,8%. Selon un article de presse, le ministère du commerce estime les pertes économiques à au moins 90 millions d’Euros. Le cours monétaire de la lire se trouve en chute libre et le secteur du tourisme est quasiment à l’arrêt.

L’Autriche critique…

Le chancelier autrichien, Christian Kern, invite l’UE a cesser toutes négociations en rapport avec le processus d’adhésion. A vienne, le gouvernement réclame une attitude plus ferme à l’encontre de la turquie et s’oppose ainsi à la position attentiste de Bruxelles. Selon Kern: „Les négociations, dans l’etat actuel, ne sont plus qu’une fiction diplomatique. Nous savons que les standarts démocratiques en turquie ne sont de loin pas suffisants. (…) Non moins grave est la question économique. L’économie nationale turque est tellement éloignée de la moyenne européenne, qu’une adhésion est inenvisageable au seul niveau économique.

Le chancelier autrichien, Christian Kern souhaite mettre un terme aux négociations d'adhésion.
Le chancelier autrichien, Christian Kern souhaite mettre un terme aux négociations d’adhésion.

L’UE est dans l’obligation de reconsidérer sa politique. Toujours selon le chancelier autrichien: Je pense que nous serions tous bien conseillés d’appuyer sur le button « reset » et de refléchir quand à la direction à prendre. A mon sens, une adhésion de la Turquie sur les prochaines années, voire décennies, est impossible.“ Kern ne craint pas la colère d’Ankara. Le traité portant sur les réfugiés n’est pas lié aux négociations d’adhésion et il estime que l’UE est en position de force. Contrairement à la Turquie, l’Union nést pas demandeuse. En fait l’Europe est un des plus grands investisseurs et le tourisme dépend fortement des voyagistes de l’UE.

Le Ministre des Affaires Etrangères, Mevlüt Cavusoglu, n’ayant pas vraiment d’autre option que de critiquer fermement la position du chancelier autrichien est rejoint par son collègue, le Ministre aux Affaires Européennes, Ömer Celik. Ce dernier déclarant: Pour être honnête, je trouve cela très gênant que cette forme d’expression montre une similitude aux positions de l’extrême-droite européenne.

Ömer Celik, Ministre aux Affaires Européennes, essaye tant que faire se peut, d'opposer un ton critique aux allégations du chancelier autrichien.
Ömer Celik, Ministre aux Affaires Européennes, essaye tant que faire se peut, d’opposer un ton critique aux allégations du chancelier autrichien.

L’avis de Jean-Claude Juncker…

Dans une interview sur la première chaîne télévisée allemande ARD, le président de la Commission Européenne s’est lui aussi exprimé. Il attend de la turquie qu’elle s’en tienne aux conditions posées par l’UE. Pour l’instant la Turquie ne peut devenir membre de l’Union, d’autant que la question portant sur le rétablissement de la peine de mort reste ouverte. La mise en place de cette dernière mettrait fin aux négiciations.disait hier Jean-Claude Juncker.

Avec un calme qui lui est propre, le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker souhaite maintenir le dialogue.
Avec un calme qui lui est propre, le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker souhaite maintenir le dialogue.

Pour autant il souhaite que la communication avec le régime turque soit maintenue. Je ne pense pas qu’il soit opportun d’annoncer la fin des négociations à l’heure actuelle.et remarque que la rupture des négociations n’est possible qu’avec le seul accord unanime des membres de l’UE. Pourtant Juncker souligne que les conditions elles ne sont pas négociables. „… en matière de droits des hommes ou les questions se rapportant aux lois anti-terroristes, nous ne céderons pas.. Pour le président de la Commission Européenne la loi anti-terroriste ne peut être abusée pour emprisoner journalistes, académiciens et autres oppositionels.

Author: Sarah Kleeblatt

Etudiante en journalisme, Paris

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