L’armée thaïlandaise conforte son pouvoir

par Anne Schmitt

Avec le référendum pour l’adoption de la nouvelle constitution l’armée s’assure le pouvoir à long terme. Les „chemises rouges“ écartés du pouvoir par le coup d’Etat de 2014 sont interloqués et ont un avis précis sur la manière dont le „oui“ s’est prononcé.

Derrière le beau nom de „Comité National pour la Paix et l’Ordre“ se cache de fait la junte militaire thaïlandaise. Avec la promesse d’élections démocratiques elle a fait voter une constitution qui lui est très convenante.

Selon les derniers chiffres annoncés par le directeur du comité électoral, 61,5% des votes approuvent la nouvelle constitution. Le „Bangkok Post“ jubile sur sa première page „Oui nous le voulons!“. Il faut cependant remarquer que seule la moitié des ayants droit au vote ont participé. Nombreux étant ceux qui ont préféré s’abstenir, considérant que ces élections n’étaient pas „libres“.

Interdiction de critiquer!

Au quartier général des „chemises rouges“ l’indignation était visible. Leur parti avait été écarté du pouvoir par le coup d’Etat de l’armée en 2014. Leur leader veut croire qu’ils étaient nombreux a voter „oui“ estimant que ce soit le chemin le plus rapide vers de nouvelles élections.

Il faut noter qu’un grand nombre de thaïlandais n’avait pas connaissance du contenu de la nouvelle constitution. A cela une simple raison: il était tant interdit d’en débattre en public, voire même oser critiquer l’ébauche. Toute personne manifestant contre le projet de constitution risquant jusqu’à dix ans de prison ferme. Des douzaines d’adversaires au régime ayant été arrêtés et inculpés avant le référendum.

La force publique massivement présente

Plus de 200.000 policiers avaient reçu l’ordre de maintenir la „paix“ à travers tout le pays. Lors de la nuit précédant le vote, des bombes ont pourtant explosé dans le sud du pays, tuant une scrutatrice. Retenons encore des observateurs électoraux neutres n’étaient pas admis.

Selon un des auteurs de la nouvelle constitution, les militaires auraient regardé de près quels sont les problèmes qui nuisent à la Thaïlande. Il en résulte une constitution qui légitime rétrogradement le coup d’Etat de l’armée. Tous les gouvernements élus selon la nouvelle constitution, seront soumis à l’influence de la junte.

Ainsi, les 250 sénateurs seront mis en place par l’armée et c’est le sénat qui désigne le premier ministre. Il est également prévu que le gouvernement s’applique a respecter un plan de stratégie nationale, sans quoi il serait démis de ses fonctions.

Selon le général Prayut Chan-o-Cha, l’actuel premier ministre thaïlandais: „Il n’est ici pas question de politique, de couleurs ou d’idéologies, mais il en va du bien-être du pays. (…) Ainsi il n’y aura plus de coup d’Etat, les partis politiques seront affaiblis et l’armée assurera le développement économique et politique. J’en appelle à tous les thaïlandais de collaborer avec ma personne pour le futur grandiose de la Thaïlande.“

Image d'archives montrant le général Prayut Chan-o-Cha, lors d'une céremonie de commémoration en août 2014.
Image d’archives montrant le général Prayut Chan-o-Cha, lors d’une céremonie de commémoration en août 2014.

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