Le côté obscur du régime Erdogan

Le chef de l’opposition mis en accusation

Le procureur d’Istanbul réclame cinq ans fermes pour l’un des deux présidents du parti pro-kurde HDP, Selahattin Demirtas. Il lui est reproché d’avoir fait de la propagande pour le parti travailliste kurde PKK. Il n’est pas seul sur la banc des accusés. Les mêmes reproches sont fait à l’encontre du député HDP Sirri Sürreyya Önder.

Selon l’acte d’accusation les deux hommes seraient coupables de „propagande pour une organisation terroriste“. Ils auraient tenus des discours en 2013 dans lesquels isl auraient fait les éloges du parti travailliste kurde PKK et leur leader Abdullah Öcalan, détenu depuis 1999.

Une date pour l’ouverture du procès n’a pas encore été fixée. La mise en accusation des deux représentants du HDP a été rendu possible après la levée d’immunité parlementaire en mai de cette année. C’est le président turque, Recep Tayyip Erdogan lui-même, qui avait à maintes reprises réclamé une procédure judiciaire pour activités terroristes à l’encontre des deux parlementaires.

Point final au négociations de paix?

En 2013 le parti travailliste kurde et le gouvernement turque négociaient encore des accords de paix. Le processus entamé et le „cessez-le-feu“ se sont effondrés en 2015 suite aux positions de plus en plus radicales prises par Ankara. En mai 2016, sur ordre de Erdogan, l’immunité parlementaire de 138 députés avait été levée, dont celle des deux accusés. 376 des 550 députés ont ainsi soutenu la prise de pouvoir du parti islamo-conservateur AKP.

Une décision lourde conséquences, car elle concerne les membres des quatres groupes parlementaires. En chiffres: étaient touchés par la levée parlementaire 27 députés du AKP, 51 députés du CHP (parti de gauche modéré), 9 députés du MHP (parti radical de droite) et 50 députés du HDP (parti pro-kurde). Il en a été de même pour la seule députée indépendante.

Selahattin Demirtas

Selahattin Demirtas avait alors annoncé que les députés HDP refuseraient la coopération avec la justice. Le HDP est en terme de sièges (encore) le deuxième parti d’opposition en Turquie.

Author: Sarah Kleeblatt

Etudiante en journalisme, Paris

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