La Turquie rappele son ambassadeur d’Autriche

Les tensions entre les gouvernements Turque et Autrichien vont bon train. Aux dernières nouvelles Ankara aurait retiré l’ambassadeur de Vienne. Les raisons invoquées pour ce geste seraient la „une“ dans un tabloïde local et une manifestation pro-kurde dans la capitale autrichienne.

Le parquet glissant de la diplomatie…

Après une dispute concernant un „gros titre“ sur les écrans de l’aéroport de Vienne, la Turquie avait dans un premier temps convoqué le chargé d’affaires autrichien. Maintenant c’est l’ambassadeur qui doit rentrer à Ankara pour des consultations portant sur l’état des relations entre les deux pays. Une décision prise par le ministre des affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu. Ce dernier reproche à l’Autriche de soutenir le parti travailliste kurde PKK.

Dans un entretien accordé à l’agence APA, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Thomas Schnöll confirme la convocation de l’ambassadeur d’Autriche. Sans pour autant confirmer, l’élement de discorde serait bien la manifestation kurde du samedi 20 août. Une manifestation contre les violations des droits de l’homme et l’isolation de Abdullah Öcalan.

La nouvelle „une“ du tabloïde „Kronenzeitung“ ce 23 août. Provocation ou journalisme?
La nouvelle „une“ du tabloïde „Kronenzeitung“ ce 23 août. Provocation ou journalisme?

Auparavant le ministère des affaires étrangères avait déjà convoqué le chargé d’affaires Autrichien pour une affaire de „une“ dans le tabloïde „Kronenzeitung“ qui avait été affiché sur les écrans de l’aéroport de Vienne. Le titre du tabloïde affirmant que la Turquie permet des relations sexuelles avec des mineurs de moins de 15 ans. Un diplomate turque s’en offusque, voulant croire que cette image est tendancieuse et fausse.

Une cour constitutionelle „libertaire“

Le ministère des affaires étrangères autrichien avait pris la „réclamation“ en considération, mais faisait référence à la liberté de la presse. En cela il est important de remarquer que l’information relayée par le tabloïde se rapportait à un jugement émis par la cour constitutionelle turque.

Cette dernière avait en juillet, révoqué un passage portant sur la majorité matrimoniale dans le code pénal. L’article de loi prévoyait jusqu’alors qu’une relation sexuelle avec un mineur de moins de 15 ans, devait être considéré comme un acte d’abus sexuel. De nombreuses organisations civiles avaient alors vivement critiqué la decision.

Pas d’atomes crochus entre Vienne et Ankara

Retenons encore que les relations diplomatiques entre Vienne et Ankara sont plus que tendues depuis le coup d’Etat manqué de la mi-juillet. Ainsi Ankara reproche ouvertement à l’Autriche d’afficher un racisme radical, après l’appel du chancelier autrichien, Christian Kern, d’avorter les négociations sur l’adhésion de la Turquie au sein de l’UE. Le ministre de la défence autrichien, Hans-Peter Doskozil, avait été a comparer la Turquie avec une dictature.

Prise de „bec“ avec la Suéde

En ce qui concerne la décision de la cour constitutionelle turque, il est nécessaire de rappeler que bien avant la „une“ du tabloïde autrichien, c’était la ministre des affaires étrangères suédoise, Margot Wallström qui avait ouvertement critiqué la Turquie sur „Twitter“. A la télévision elle s’était ainsi exprimée: „Je ne suis pas mal informée et j’ai donc correctement commenté le jugement. Je ne suis d’ailleurs pas la seule qui considère comme dangereux une telle décision.“

La socio-démocrate Margot Wallström, ministre des affaires étrangères s'exprime à la télévision suédoise sur son „tweet“
La socio-démocrate Margot Wallström, ministre des affaires étrangères, s’exprime à la télévision suédoise sur son „tweet“

La cour constitutionelle turque, de par son jugement, a réévalué l’état d’abus sexuel sur mineurs, considérant que des enfants âgés de 12 à 15 ans seraient à même de pouvoir évaluer le sens de l’acte sexuel. Ceci devrait entrer en considération dès 2018, ce qui serait un passus lourd de conséquences pour toute affaire pénale. En pratique, cette décision vise a revoir à la baisse les peines encourues pour abus sexuel sur mineurs âgés de 12 à 15 ans.

Dans ce cas aussi, l’ambassadeur suédois, puis sa représentante ont été convoqués par le ministère des affaires étrangères. Si le gouvernement suédois a pris connaissance de la position turque, il n’en reste pas moins que Margot Wallström persiste. Comme le premier ministre, Stefan Löfven, de même que les partenaires de coalition du parti écolo, mais aussi l’opposition libérale, soutiennent la position de la misnistre socio-démocrate, les relations entre la Suéde et la Turquie sont loin d’un apaisement.

La porte-parole libérale pour la politique extérieure, Birgitta Ohlsson, souligne: „C’est une bonne chose qu’elle (Margot Wallström) se soit clairement exprimée que nous défendons les droits des enfants!“ De nombreux pays se sont exprimés de la sorte et avaient sévèrement critiqué cette loi „sexe“. Il n’y avait donc aucune raison pour les membres du gouvernement suédois de s’imposer une censure.

Author: Sarah Kleeblatt

Etudiante en journalisme, Paris

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