Un homme, un livre une vie…

par Patrick Kleeblatt

„Jamais je n’ai tué“

A 66 ans, après avoir passé 24 ans et neuf mois derrière les murs de la prison de Schrassig, Guy Peiffer revient sur les devants de la scène. Incarcéré pour un double homicide dont il aura toujours nié en avoir été l’auteur, l’homme aux cheveux poivre-et-sel reprend de la verve et revient sur les faits qui lui ont été inlassablement reprochés.

Si ce n’est que pour mieux se faire entendre, Guy Peiffer a mis sur papier sa vie, son point de vue des choses. „Jamais je n’ai tué“ n’est pas un réglement de compte avec la justice et la société. Dans son livre, Guy Peiffer relate avec beaucoup de bon sens, quels sont les moyens dont fait usage un système qui veut „boucler“ un dossier dont les apparences trompeuses font d’un suspect le coupable idéal.

Auteur – Editeur

Pour la parution de ce livre, qui pour beaucoup en dit trop et nomme ouvertement les personnages impliqués, Guy Peiffer devra se rendre compte qu’à Luxembourg aucune maison d’édition ne voudra de son ouvrage. Il faut opter pour l’autoédition. C’est donc chez „France Libris“ que le livre sera imprimé, aux frais de l’auteur. Une première édition en français, suivie d’une traduction en langue allemande. Cela lui aura coûté un „bras“…

Quelles sont dès lors les raisons pour un tel acharnement? En fait Guy Peiffer veut dans l’absolu une révision de la procédure, pour laquelle l’avocat belge Marc Nève constitue le dossier. En effet, aucun avocat luxembourgeois n’aura voulu reprendre l’affaire. Remarquons que dans le livre, Guy Peiffer publie la lettre de son avocat d’antan, de laquelle il ressort que celui-ci avait été gentillement invité à ne pas „remuer ciel et terre“ si l’exercice de son métier lui tenait à coeur.

Aucune librairie ne voulant du livre de Guy Peiffer, celui-ci peut cependant être commandé. Par téléphone au 691 543379. Par mail sous guy.peiffer@yahoo.com / info@indymedia-letzebuerg.net N° ISBN 978-2-35519-277-7 La version française est vendue au prix de 16€ + frais de port. La version allemande (Niemals habe ich getötet) est vendue au prix de 22€ + frais de port.
Aucune librairie ne voulant du livre de Guy Peiffer, celui-ci peut cependant être commandé. Par téléphone au 691 543379. Par mail sous guy.peiffer@yahoo.com / info@indymedia-letzebuerg.net N° ISBN 978-2-35519-277-7 La version française est vendue au prix de 16€ + frais de port. La version allemande (Niemals habe ich getötet) est vendue au prix de 22€ + frais de port.

Dès la parution de „Jamais je n’ai tué“ une copie est envoyée au bureau du procureur. Guy Peiffer n’aura pourtant jamais eu de réponse. Maître Marc Nève, lui aussi aura fait un courrier au parquet, posant des questions concrètes, lesquelles seront restées sans réponse. La justice luxembourgeoise cependant aura eu la délicatesse d’informer l’avocat qu’une révision n’était à l’heure actuelle pas „opportune“.

Le procureur et son témoin

On peut comprendre qu’au parquet de Luxembourg personne n’ait l’ambition de ressortir un dossier, lequel comporte plus de questions que de réponses. En effet, le témoin à charge présenté par le procureur, avait dans un courrier révoqué ses allégations et ce déjà en 1990. Pression ou „deal“, peu importe. Guy Peiffer sera jugé „coupable“ et condamné à perpétuité.

Le témoin du procureur, présenté comme le commanditaire des deux homicides reprochés à Guy Peiffer et lui-même condamné à la même peine, sortira après 11 années de réclusion. Guy Peiffer ne peut autrement que de reprocher à la justice et au procureur en particulier, d’avoir investigué à charge. Il est permis de remarquer que Guy Peiffer, en ces temps un employé du „milieu“ et ayant un casier judiciaire peu reluisant, faisait un coupable idéal.

„Je souhaite convier le Ministre de la Justice, Felix Braz, à une table ronde. Il faut en débattre, car un tribunal qui ne peut soumettre des preuves se doit de prononcer la relaxe. A l'exemple du procès en appel dans l'affaire d'homicide de Hassel. Et si après un procès les témoins se rétractent, une révision devrait s'imposer.“
„Je souhaite convier le Ministre de la Justice, Felix Braz, à une table ronde. Il faut en débattre, car un tribunal qui ne peut soumettre des preuves se doit de prononcer la relaxe. A l’exemple du procès en appel dans l’affaire d’homicide de Hassel. Et si après un procès les témoins se rétractent, une révision devrait s’imposer.“

L’instruction à charge pourtant, laisse entrevoir une accumulation de contradictions qui posent question. Ainsi le témoignage d’un prisonnier qui avait dans un premier temps déclaré que Guy Peiffer lui aurait raconté avoir „éliminé“ les deux vistimes. Ce témoin pourtant se rebiffe lui-aussi par écrit. Ce fait n’a pas été retenu et permet d’exprimer des doutes quand au constat d’une instruction impartiale.

Un autre détail gênant dans le dossier d’instruction porte sur la perquisition du domicile de Guy Peiffer. En effet une première perquisition éffectuée le 12 mars 1990 n’aurait pas permis la mise en évidence de pièces à conviction. Pourtant, le 12 mars, soit 24 heures plus tard, deux commissaires auraient „trouvé“ un sachet de cocaïne sous un port de fleurs. Un fait du moins étrange…

Guy persiste et paye le prix fort

Dans un procès ou l’inculpé était somme toute coupable avant le jugement. Ou les éléments à décharge n’ont pas été invoqués ni retenus. Avec une opinion publique qui, largement manipulée par la presse, le présentait comme assassin, Guy Peiffer n’en démordait pas de clâmer son innocence.

Condamné à perpétuité, il n’aura pas de congés jusqu’en 2013. Alors que selon les règles appliquées un condamné à perpétuité est libéré après 15 ans de réclusion, Guy Peiffer persistant sur son innoncence, lui restera enfermé pour 24 années et neuf mois.

„Second Chance“

Il aura fait son temps, n’aura jamais baissé les bras. Mieux, les années passées derrière les barreaux lui ont ouvert les yeux sur l’après „milieu carcéral“. Guy Peiffer s’engage pour les délinquants qui retrouvent la liberté. Une liberté amputée d’une réinsertion crédible. Que ce soit pour trouver un emploi ou un logement, le lourd passé se dresse devant les repentis comme un mur de prison.

Avec son association „Second Chance“ Guy Peiffer veut changer le sort de ceux qui sont décidés a rester sur le „droit chemin“. Il est bien entouré mais se heurte toujours et encore aux institutions. Encore une fois Guy Peiffer n’est pas du genre a abandonner une idée…

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