6.500 réfugiés repêchés par la garde côtière italienne

par Patrick Kleeblatt

Une des plus grandes actions de sauvetage en mer devant les côtes libyennes aura réclamé toute l’attention de la garde côtière italienne ce lundi 29 août. Avec plus de 40 opérations de secours a gérer, le centre de commandement confirme via twitter la prise en charge d’environ 6.500 réfugiés à proximité des côtes libyennes.

Les missions ont été effectuées en priorité par les bâtiments de la garde côtière et de la marine italienne. Ils ont été rejoints par des navires de la mission européenne „Sophia“ qui est sur place pour combattre les „passeurs“. L’agence européenne pour la gestion de la coopéeration opérationelle aux frontières extérieures des Etats membres de l’UE (Frontex) et des organisations humanitaires ont également participé aux missions.

Selon les premiéres informations, les réfugiés ont sciemment pris en compte le risque d’un naufrage en haute mer. Issus pour leur majorité de Somalie et d’Érythrée, ces migrants usent d’embarcations dont le seul destin est celui de sombrer. Ainsi l’organisation catalane „Proactiva Open Arms“ notfie la présence de près de 700 personnes sur un bateau de pêche.

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L’organisation „Médecins Sans Frontières“ fait état de la présence de nombreux enfants parmi les rescapés. Toujours selon MSF, un nouveau-né, âgé de cinq jours a dû être rapatrié vers un hôpital italien par hélicoptère.

La folie migratoire

Dans cette même zone maritime ont été sauvés d’un naufrage certain, 1.100 personnes le dimanche 28 août. Des experts veulent croire que cette action de sauvetage aurait animé les réfugiés du lundi à prendre le risque, ayant une certaine asssurance que des bateaux susceptibles de les „sauver“ seraient sur place.

Les passeurs sont très bien informés en ce qui concerne le déployement des navires sur la zone.“ nous confirme Malick Kane via skype. „Ce ne sont pas des assassins, même si ils prennent en compte que les risques sont mortels. Ces passeurs sont d’abord des commerçants qui ont pour seule publicité le bouche-à-oreilles. Des migrants qui n’arrivent pas à destination sont mauvais pour le buisness.

A cela vient s’ajouter la situation chaotique qui règne sur les côtes nord-africaines. Avec le démantèlement armé de la Libye, tant le désordre politique que l’absence de contrôles à la frontière, rendent la part facile aux passeurs. Certes l’UE a étendu ses actions répressives à l’encontre du trafic d’êtres humains. Ainsi la formation de la marine libyienne et des garde côtes, desquelles l’UE attend l’interception des embarcations et le rapatriement des réfugiés vers la Libye.

Pour Malick Kane l’UE fait de l’actionisme. „Ni la marine – enfin ce qui en reste – et encore moins les garde côtes ont d’une part le matériel nécessaire pour effectuer de telles missions. Avec en plus un gouvernement corrompu et des salaires qui, si il leur arrive d’être versés, permettent juste de survivre, les fonctionaires tant de la marine, des garde côtes et de la douane sont des proies faciles pour les réseaux de passeurs. L’UE et son allié les Etats-Unis ont semé le chaos parfait, maintenant ils récoltent les fruits de leurs erreurs.“

Rien à perdre, tout à gagner

Si l’on en croit les derniers recensements de l’OIM (Organisation Internationale pour la Migration) ils étaient plus de cent mille à avoir rejoint les côtes italiennes par „bateau“ pour seul le premier semestre de 2016. La plupart d’entre-eux ont appareillé des côtes libyennes. Entre 2.500 et 3.000 est évalué le nombre de noyés.

Malick Kane rencontre régulièrement ceux qui, si le monde était meilleur, auraient opté pour une vie chez eux, avec leur famille, les amis. Mais que ce soit l’Érythrée, l’Éthiopie ou encore la Somalie, y rester c’est pour la majorité des „migrants“ un rendez-vous avec la mort. La politique est entre les mains de voyous, souvent cajolés par leurs „copains“ européens. Ou encore la globalisation, qui n’y est-elle pas passée par hasard, dérobant au passage les seuls lopins de terre qui auraient permis, sinon de prospérer, au moins de survivre, aux familles qui par manque d’options fuient la terre de leurs ancêtres.

Quand ce sont pas les politiciens corrompus ou les multinationales qui détroussent les habitants de ces pays, ce sont les brigands et autres hordes de fanatiques religieux qui les forcent à fuir.“ nous raconte Malick Kane. „En restant chez eux c’est la mort certaine, alors ils n’ont rien à perdre, mais tout à gagner…

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