Festival Hate: A SEPARATION & Hate Fuck, but sweet?

par Patrick Kleeblatt

Une représentation intimiste à l’abbaye de Neumünster

L’ouverture du „Festival Hate“ au Centre Culturel Régional Neumünster“ n’aura au grand dam des organisateurs pas vraiment eu l’écho souhaitable. Pourtant c’est un projet d’actualité qui nous concerne tous.

Dans un monde ou la haine semble devenu „normalité“ et qui de par l’anonymité que crée pour de nombreux individus tant l’internet en soi que les réseaux sociaux en particulier, ce festival mérite une attentivité mieux consommée. Avec un spectacle dédoublé, une performance „danse“ et une „création“ de Luc Spada, étaient offert deux points de vue très concrets et somme toute provocateurs sur la société actuelle.

En première partie, „A separation“ de la compagnie „Colin, Simon and I“ un spectacle de danse très évocateur quiporte sur la haine raciale. Les danseurs et choréopgraphes Colin Poole et Simon Ellis analysent dans leur projet les rapports masculins, le pouvoir et la responsabilité.

Franche critique pour une société de toutes les couleurs

La performance „A separation“ débute sur un plan dénudé avec l’apparition de Simon Ellis, lequel s’avance dans une lumière stridente vers le public pour lui asséner: „We need to discuss the nigger problem!“. Suit un slience lourd et Simon qui s’en va le pas léger chercher une chaise.

Simon Ellis Festival Hate Abbaye de Neumünster September 1st, 2016

Dans un fracas de mots et une langue incompréhensible, geste très voulu et qui aura mis l’audience mal à l’aise, la chaise n’est soudain plus qu’un accessoire qui saura mettre en valeur les pas de danse de notre artiste.

Toujours avec une verve aux intonations effrayantes, Simon sort de la scène, la lumière s’affaiblit et l’on voit resurgir l’artiste traînant avec lui le coprs amorphe d’une personne de couleur. C’est le coprs de Colin. Celui-ci impassible ne donnera pas signe de vie, il sera en fait „objet“. Dans une certaine forme de dialogue gestuel, car Colin est et reste „objet“, les deux artistes sauront traduire avec excellence ce que sont la haine, la discriminiation et la violence envers les minorités.

Simon Ellis Festival Hate Abbaye de Neumünster September 1st, 2016

Traduisant ce qui se veut être une justification de ces sentiments somme toute „humains“ Simon et Colin exploitent la recherche de la visualisation d’une violence, parfois gratuite, mais toujours présente.

Défier la provocation

Après une longue pause qui permettait à la trentaine de festivaliers de reprendre leurs esprits, c’était l’heure de Luc Spada. L’audience est face à une scène couchée dans une pénombre envahissante avec en arrière-plan un écran sur lequel se visualisent les parties corporelles éparses.

Dans un style qui lui est particulier et qui fait sa renommée, Luc se lance dans sa performance „Hate Fuck, but sweet?“ Si il est permis d’admettre que les plus critiques s’oseront considèrer le „jeu“ de Luc comme étant plutôt une scèance de lecture active, il n’en reste pas moins qu’il aura bien étudié son sujet.

Luc Spada Festival Hate Abbaye de Neumünster September 1st, 2016

L’acteur sait à merveille thématiser ses „rencontres“ avec des personnes ayant vécu la violence, voire qui se sont fait violence. La lecture émotionelle et très prenante, qui est verbalement visualisée sous forme de „collage poétique“ vous prend à la gorge, oblige à réflexion. Un grand art qui certes se veut acquérir un public „averti“ et qui non moins réclame des nerfs solides.

Reste à constater que Luc Spada, dont la vie s’échange entre le Luxembourg et Berlin, est une étoile montante. Auteur de pièces de théâtre et de plusieurs livres dont un reccueil de poèmes, il est également un acteur convoité.

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