L’Oekofoire 2016 un zeste élitaire…

par Paolo Almeida et Patrick Kleeblatt

Oekofoire 2016

Trois jours de foire pour rappeler à ceux et celles avides de bien être et soucieux de l’environnement qu’être consommateur peut aussi devenir un geste „cityoen“. Et la 16ème édition de l’Oekofoire a su proposer des alternatives, tant pour les propriétaires que les gourmands. Comme lors des éditions précédentes il y avait foule et les organisateurs peuvent se montrer satisfaits.

La mise en question de la croissance

Le premier jour de foire est aussi le premier rendez-vous politique après la saison estivale. L’Oekofoire est une bonne tribune, sur laquelle les représentants du gouvernement, des syndicats ouvriers, mais bien entendu aussi les ONG savent faire bonne figure.

L’ouverture de vendredi, c’est Karma Catena, une enfant de 14 ans, membre du comité directeur des „jonk Gréng“ qui l’a faite. Son intervention s’adressant de prime abord aux responsables politiques qui vont sous peu devoir décider de la mise en place des accords de libre échange CETA et TTIP. Le moins que l’on puisse en dire, c’est que Karma et ses camarades de jeu persistent dans le refus. Ses adversaires: un gouvernement de coalition ou les libéraux et socialistes donnent le ton, si tant est que les écologistes veulent aussi avoir leu mot à dire.

Il n’étonne pas que Carole Dieschbourg, Ministre de l’environnement et Blanche Weber, présidente du Mouvement Ecologique ont fait écho. Ainsi la Ministre dépeint le Luxembourg comme étant sur la bonne en voie en termes conceptions propices pour l’environnement. De nombreux projets, concernant tant la construction écologique que la protection de la nature, seraient ainsi mis en place.

Oekofoire 2016

Blanche Weber rappelé à l’assemblée que le 8 octobre pourrait être une bonne occasion pour les luxembourgeois d’afficher ouvertement leur refus des accords de libre échange et invite les citoyens à participer à la manifestion contre CETA & TTIP.

Plus incisive, la Présidente du Mouvement Ecologique, remet en question les projets de croissance qui sont pourtants propres à la coaltion. Blanche Weber s’oppose ainsi au débat du gouvernement intitulé „Wéi wëlle mer wuessen?“ car elle ne remet pas en question la croissance en soi. Pourtant elle souhaiterait plutôt considérer un débat sur le sujet: „Quel Luxembourg pour demain? “ et insiste sur la publication du „PIB du bien-être“.

Un millésime perturbé

L’IBLA (Institut fir Biologesch Landwirtschaft an Agrarkultur) avait également invité à une conférence de presse pour considérer la situation des vignerons bio, lesquels à l’aube des vendanges doivent constater que 2016 ne sera de loin pas leur meilleure année.

Oekofoire 2016
Au Stand de l’IBLA les vignerons bio restent confiants en ce qui concerne la qualité du millésime 2016

Avec des conditions météo changeantes, tantôt trop de pluie puis trop de chaleur, la récolte s’annonce qualitativement bonne mais peu quantitative. Le printemps avec ses nuits de gel avait déjà bien perturbé le sommeil des vignerons. S’en suivait une periode pluvieuse avec de la grêle. Jusqu’à la mi-août les soucis s’en allaient grandissants avec le mildiou se propagant sur l’ensemble des vignobles. Le „bio“ ne permettant pas l’usage d’agants chimiques, les vignerons ont eu du travail. La variété la plus fortement touchée était le bourgignon (Pinots blanc, gris et noir) alors que Elbling et Riesling ont su mieux résister.

Il est donc vrai que 2016 le vin bio affichera une production nettement moindre, si tant est qu’en termes de qualité, le vignerons restent très confiants. Les dernières semaines ont ainsi été très profitables pour les pieds de vigne qui ont su résister au défi que leur avait lancé la situation climatique. L’idéalisme et le savoir-faire des vignerons bio seront ainsi les garants d’un millésime de qualité.

Les bonnes idées ont un prix

Si il est vrai que l’Oekofoire est un rendez-vous incontournable pour ceux et celles qui souhaitent tant se renseigner sur une alimentation saine que les nouveaux produits qui permettent la constrution, voire le réaménagement durable, il est vrai aussi que ces produits valent leur pesent d’or.

Oekofoire 2016

La foire ne présentait donc que peu de marchandises et innovations accessibles au petits revenus. Il est vrai que le travail souvent artisanal à un coût et que le produit lui-même est de valeur. De même il est convenant de considérer sa durée d’utilisation. Reste à savoir à qui s’adressait cette foire. Car d’une part il y avait de nombreux stands qui affichaient leur rôle social, à l’exemple de „Eis Epicerie“ ou encore „Maison de la transition“. Et d’autre par les entreprises qui réclament au client éventuel un revenu conséquent, à l’exemple de „ls-sports“ qui présentait les vélos électriques de demain, certes de grande qualité mais au prix d’une petite voiture.

Oekofoire 2016