Ne pas perdre ses objectifs de vue

par Patrick Kleeblatt
Christian Kmiotek et Françoise Folmer on posé leur regard sur le rentrée parlementaire
Christian Kmiotek et Françoise Folmer on posé leur regard sur le rentrée parlementaire

Pour le parti écologiste (déi gréng) l’automne c’est la rentrée politique et une occasion de faire le point sur les sujets d’actualité et à venir. Il est vrai qu’en termes de matière, il y a du pain sur la planche. Et le rôle imparti aux écolos dans le cadre de la coalition a de quoi remettre en question l’une ou l’autre position, qui pourtant leur est chére.

L’économie va bien…

Pour la présidente Françoise Folmer il est besoin de signaler qu’au niveau économique national le gouverement fait son travail. Le chômage est en baisse… Oui certes, mais une baisse peu significative en regardant de plus près les chiffres: au 31 août 2016 l’ADEM comptait 16.366 chômeurs inscrits, contre 17.150 pour la même date en 2015. Néanmoins il est vrai qu’au niveau européen, afficher 6,4% de taux de chômage, a de quoi donner la „banane“.

Mais ce constat ne prend pas en compte une multitude de problèmes que les chiffres eux, ne laissent pas entendre. Ainsi ceux qui ont dépassé la cinquantaine et les autres – souvent les mêmes – dits „chômeur de longue durée“ pour les quels il reste majoritairement seuls les emplois de réinsertion. Pour ces demandeurs, l’ADEM n’a que peu d’offres et se satisfait en quelque sorte de „poinçonner“ la carte de présentation.

L’autre revers de la médaille, en termes économiques, est le constat que le Luxembourg cannibalise quelque-peu la Grande-Région. L’immense différence de revenus (en terme salarial) est une des causes principales du travail transfrontalier. S’ajoute à cela une politique d’imposition sur les sociétés qui n’anime pas vraiment le patronat à ouvrir une enseigne hors de nos frontières. Ainsi il serait honnête d’admettre que le Luxembourg se fait la main belle sur le dos des contrées frontalières…

Le Luxembourg „nationaliste“

Si Françoise Folmer rappele de bon droit que le Luxembourg actuellement subit des charges financières inutiles dues aux manquement du gouvernement Juncker, ce à l’exemple des amendes infligées par Bruxelles pour ne pas avoir transposé une foule de directives, il nous faut pourtant noter qu’à la Chambre ce n’étaient pas vraiment les sujets d’urgence de l’opposition.

Nous la rejoindrons dès lors sur le prochain point. Le futur du pays fera débat au sens large et sera de loin le sujet qui mettra à contribution le citoyen, tant est que ce dernier devra lui aussi prendre ses responsabilités. Le développement ne se fera pas sans le concours des „frontaliers“ d’une part et les résidents dits „étrangers“ d’autre part.

Les „déi gréng“ ne sont ainsi pas indifférents aux craintes exprimées par un grand nombre de luxembourgeois, dont le premier souci est celui de perdre „notre“ culture. Une culture qui voudrait se baser sur la langue nationale qui, il est vrai, n’a pas vraiment la cote, ni dans le commerce, ni dans le secteur des services. Ce constat est propice aux populistes et autres incendiaires. Ainsi la pétition d’un certain Lucien Welter, qui réclame la mise en place du luxembourgeois comme première langue administrative et de la rendre obligatoire à tous les résidents.

Il faut pourtant savoir que la demande de cours de langue est croissante. A tel point que l’offre ne peut plus suivre la demande. Ce que semblent aussi oublier ceux qui lancent et suivent cet appel, est que notre langue nationale est jeune. Tellement jeune que pour les textes administratifs, juridiques et commerciaux elle intègre tant les francisimes que les anglicismes.

Semer la peur dans la tête et pointer „l’étranger“ comme seul responsable de valeurs qui se perdent, sans concevoir qu’une lange est vivante parce qu’elle évolue au même titre qu’une société se transforme par l’acquisition et la connaissance de cultures différentes et nouvelles, cela est du nationalisme. Et c’est lui qui devrait faire peur. Le Luxembourg est un petit pays et il n’y a pas d’échappatoire.

Education, église et patrimoine

Pour Christian Kmiotek, l’autre président ecolo, avec la rentrée scolaire 2016 un nouvelle ère vient de s’ouvrir. En effet le „Werteunterricht“ qui remplace désormais les cours dits de „religion“ est un excellent outil pour défier les inégalités sociétales que créent les religions et autres valeurs ancestrales qui divisent au lieu d’unir. Certes il faudra voir comment et de quelle manière le cours „vie et société“ sera propice à l’apprentissage d’une vie commune dans un monde ou nous sommes tous différents et pourtant égaux.

A propos d’église, Christian Kmiotek insiste sur le constat qu’avec tous les changements mis en place, nul n’a l’intention de démolir des églises. „Eisem Empfannen no bleiwt d’Kiirch am Duerf“ dit-il. Et il met en avant que le fonds régulant prioritairement le patrimoine de l’église, a été élaboré par justement l’église elle-même. Notons ici, que ce fonds sera le plus grand et par conséquent le plus grand fonds immobilier du Grand-Duché. Ceci incluant les biens rureaux, dont un grand nombre de parcelles sont dans le périmètre constructif, ou au devenir d’enbtrer dans ceux-ci.

Ce qui change en effet, c’est que qu’il n’est plus à convenance du contribuable et des communes de prendre en charge les déficits financiers de l’église. Si tant est que le fonds bénéficie du concours de l’état. Il est donc juste de constater que nous ne sommes sommes pas en face d’un conflit culturel mais bien d’une gestion autonome d’un patrimoine très conséquent.

Un brin d’écologie

Les écolos mettent encore l’accent sur la ratification de l’accord de Paris, le fameux COP21. Cet accord qui su convaincre jusqu’au américains et chinois pourtant n’est qu’une petite pièce du grand puzzle qui devrait permettre de mettre un frein au changement climatique.

A cela il est bien de soulever que le „think local“ a de meilleures chances d’être efficace. En ce les „déi gréng“ ont de quoi être fier d’avoir su se positionner convenablement au sein de la coalition. Ceci primairement en termes d’énergie renouvelable. De grands efforts sont faits et le constat est hautement satisfaisant.

Moins satisfaisant mais toutefois louable, la mise en fonction de la mobilité électrique qui se traduit par l’installation future de quelques 800 bornes de recharge. Elles seront un argument fort pour la transition du véhicule thermique à la voiture électrique. Ce que les écolos pourtant cachent par omission, est le fait que la société CREOS qui en sera le gestionnaire y voit son profit. Un profit qui sera en partie généré par le partage des frais qui se fera encore une fois sur le dos des plus faibles. En effet, même ceux qui par manque de moyens n’ont pas de voiture – et certainement pas une électrique – contribueront de par leur facture énergétique au bon fonctionnement.

Pour ce qui est du respect animalier, nous sommes plus confiants et certainement enclins à saluer la nouvelle loi à la protection animale. En effet la loi convient de fixer la „dignité“ de l’animal et d’autres points qui seront tout bénéfice, tant pour les bêtes dites de consommation, que celles de compagnie.

Le prix de la croissance

Pour ce qui est des accords de libre-échange CETA et TTIP, Christian Kmiotek confirme que le écolos aussi sont propices à des accords permettant la croissance économique. Une économie „ouverte“ est importante et en cela il ne faut faire l’impasse sur la qualité de ces accords.

Si le Christian Kmiotek se permet de croire en la mort de TTIP, c’est pour la bonne et simple raison que cet accord n’est pas acceptable. D’un autre côté il n’est pas d’accord avec ceux et celles qui voient en CETA le petit frère de TTIP. Pour lui cet accord de libre-échange avec le Canada est de loin moins ultra-libéral. Cependant il admet que les textes et régulations inscrites dans le document doivent s’améliorer. Il est inconcevable de préférer les intérêts industriels a ceux des citoyens.

Il voudrait donc croire que juste parceque un tribunal arbritral devient un tribunal d’investissement, cela changerait la donne? En fait non. Il maintient que le système judicaire ouvert, donc public, tel qu’il est d’usage dans nos pays, est largement en mesure de considérer les différents qui pourraient opposer industries et Etats.

En cela il faut savoir que les „déi gréng“ ont mis en place un groupe de travail pour mieux comprendre les aléats de CETA. Ils ont consulté de nombreux experts et même convié le Ministre de l’économie avec ses collaborateurs pour leur soumettre les questions. „Nous avons fait un travail de persuasion et mis sur table nos critiques alors que nous étions sur les bancs de l’opposition. Ceci toujours dans un esprit constructif. Aujourd’hui avec la responsabilité qui nous incombe en tant que membres du gouvernement, nous maintenons cet esprit.“

Il faut en effet insister sur le fait que les écolos ont toujours oeuvré dans le sens d’une discussion ouverte. Ce n’est donc pas que seul le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel qui, même si plus voyant sur le plan médiatique, aurait pointé du doigt les sujets qui fâchent. Et cela pourrait donc aussi être une des raisons pour lesquelles les „déi gréng“ participeront à la grande manifestation du 8 octobre „Stop CETA & TTIP elo!“.

Les „communales“ c’est pour bientôt

Hormis les dossiers actuels et à venir qui seront considérés par le parti écologique, dont la loi sur la nationalité, le droit familial, la réforme du sytème carcéral et toutes les questions afférentes à l’environnement, ce sont les élections communales de 2017 qui vont occuper les différentes commissions.

En effet pour les communes, les accords de libre-échange ont aussi un impact. Un impact non négligeable d’ailleurs et si nous voulons croire que d’autres sujets seront mis plus en avant, il fait bon de savoir qu’il y en aura qui aborderont le sujet.

Mais les communales ici comme ailleurs pourraient très bien basculer sur des sujets plus populistes. Ainsi il faut dors et déjà prévenir ceux et celles qui seraient tentées de jouer la carte des réfugiés et autres migrants, que nous serons sur le qui-vive et n’aurons pas de complexes pour lever le voile sur les discours de ceux qui voudraient porter la division et la peur sur le devant de la scène politique.