Shimon Peres s’est éteint ce 25 Elul 5776

par Anne Schmitt

Prix nobel de la paix et dernier grand témoin de son époque, Shimon Peres à 93 ans décéde des suites d’un grave accicdent vasculaire. Chef d’État de 2007 à 2014, Israël perd un de ses pères fondateurs.

(engl.: Shimon), Ex-Staatspräsident -19.01.2016-

On gardera en mémoire sa derniére apparution en public. Une occasion de pousser un coup de gueule et d’exhorter le gouvernement de droite. Pointer Benjamin Netanyahu du doigt et de lancer: „Sans la solution à deux Etats, un Etat Israélien et un Etat Palestinien nous nous retrouvons dans Etat bi-national. Il nous faut aujourd’hui prendre une décision sérieuse pour Israël, apporter la preuve qu’Israël est un Etat démocratique.

Une décision en faveur de deux Etats signifie la fin du projet de colonisation. Si tant est que Peres avait été un des premiers politiciens à installer des colonies juives en Cisjordanie. Un fait qui reste une des plus grandes contradictions dans sa vie mouvementée.

Une décision en faveur de deux Etats signifie la fin du projet de colonisation israélienne. Ici Peres a été l’un des premiers hommes politiques à des colonies juives en Cisjordanie avaient construit. Elle est l’une des contradictions dans sa vie longue et mouvementée.

Réfugié en Palestine

Shimon Peres est né en 1923 à Wiezniewo (Pologne) et en 1934 il prend, avec son père, la route pour rejoindre la Palestine encore sous mandat britannique, laissant derrière lui le grand -père. Il se souvient de ses derniers mots qui lui commandaient: „Mon garçon, reste toujours un Juif!“ et Perez se rémémore la séparation: „La locomotive siffla et le train s’est mis en mouvement. J’ai regardè mon grand-père à travers la fenêtre jusqu’à ce qu’il disparaisse. C’est la dernière fois que je l’ai vu.

Quand les soldats allemands ont fait maiss basse sur la Pologne, ils sont passés par Wiezniewo. Une fois sur place ils ont ordonné aux résidents juifs de se rassembler dans la synagogue. Ils ont vérouillé les portes et mis le feu au bâtiment en bois…

La vengeance lui est étrangère

Malgré ce souvenir et l’assassinat crapuleux de sa famille, Shimon Peres après la deuxième guerre mondiale s’est engagé au niveau politique pour le rapprochement des deux Etats. Ainsi, à 33 ans et dans la fonction de directeur général du Ministère de la défense, il rencontre en 1956 le Ministre de la défense allemand Franz-Josef Strauß.

Nous sommes menacés et attaqué de toutes parts. L’Allemagne devrait se sentir responsable de la sécurité d’Israël. Car Israël est un petit pays et faible. Nous avons perdu un tiers de notre peuple dans la terreur nazie.“ Et Franz-Josef Strauß lui aurit répondu: „Cela crée des problèmes. Mais peut-être que nous pouvons donner des armes au lieu de les vendre.“ Cet accord fut longtemps gardé au secret…

Il faudra attendre 1965 avant que les deux pays ne mettent en place des relations diplomatiques. Lors d’un entretien, Shimon Peres se rappele aussi de cela: „J’ai rencontré Adenauer. Il avait compris ce qui devait être fait. Heureusement, avec Ben Gurion il avait un partenaire qui partagait ses points de vue. Construire le futur et non seulement regarder le passé.

Le prix Nobel de la paix

En 1994 Shimon Peres se voit remis le prix Nobel de la paix, conjointement avec le Premier ministre Yitzhak Rabin et le dirigeant de l’OLP Yasser Arafat. Le prix leur avait été remis suite aux pourparlers de paix et les efforts fournis pour trouver une solution au conflit qui pesait sur le Moyen-Orient.

Toutefois, son plus grand triomphe était aussi sa plus grande défaite. Les accords d’Oslo ont valeur depuis plus de vingt ans et pourtant la paix semble hors d’atteinte. „Oslo a changé la situation au Moyen-Orient et cela est irréversible.“ Peres était convaincu…

Israël, un Etat divisé

Au niveau international Shimon Peres gagnait en réputation, en Israël ses positions n’ont pas fait l’unanimité. La gauche politique voyait en lui un opportuniste, même ceux qui le conaissaient depuis les débuts. Ainsi le journaliste Uri Avnery – également né en 1923 – avait affiché sa critique: „Peres est Peres. Fondamentalement un homme peu sérieux, un personnage sans réel contenu, sans principes ou valeurs. Il est ce qu’il est. Il a toujours été ainsi.“ Le camp de droite le dépeind à l’image d’un optimiste désespéré et rêveur ne reconnaissant pas les dangers.

C’est ainsi qu’en Israël, un des souvenirs que l’on lui porte, c’est de ne jamais avoir gagné une élection. Même celle qui lui accordait un crédit fiable pour la présidence, il l’aura perdue. Ce n’est qu’en 2007 qu’il prête serment en tant que président.

Dans un entretien portant sur sa carrière politique, dans lequel ne se laissait entendre aucun signe de remords ou de dureté. Shimon Peres avait le regard fixé sur le futur. Pour lui le regard perpétuel sur un passé „mort“ ne faisait aucun sens. Bien ou mauvais, cela c’est les autres qui devaient en juger. Son énergie il l’investissait dans qui allait venir demain.

Avec la mort de Peres, Israël perd un grand homme et un témoin de l’époque. Un politicien qui voulait unir deux peuples dans un esprit de paix et de coopération. Il aura été un des derniers représentants importants sur la scène internationale. Israël est aujourd’hui un Etat orphelin…